En famille ou entre amis, on entend souvent des plaisanteries telles que : « Un docteur ne doit jamais tomber malade » ou encore « Si le docteur est malade, que va-t-on devenir ? »
Pourtant, contrairement à ce que beaucoup imaginent, le personnel soignant est quotidiennement exposé à de nombreux risques d’infection, simplement en raison de la profession qu’il exerce.
Dans cet article, nous vous proposons une immersion dans certains services hospitaliers où la santé de ces héros du quotidien qui se battent jour et nuit pour nous soigner est constamment mise à rude épreuve.

LE LABORATOIRE : PREMIERE LIGNE DE DANGER
Le laboratoire est souvent le premier passage pour de nombreux patients. Sa porte d’entrée est l’unité de prélèvement. Les agents qui y travaillent réalisent quotidiennement divers prélèvements biologiques. Il arrive que, face à un patient agité ou à la suite d’une simple inattention, le personnel se pique avec une aiguille, parfois même à travers les gants. À partir de cet instant, l’agent concerné est soumis à un protocole strict de prophylaxie, surtout lorsque les résultats révèlent que l’échantillon est positif à des infections telles que le VIH/SIDA.
Commence alors une période d’angoisse, souvent marquée par l’insomnie et l’anxiété, jusqu’à la confirmation de résultats négatifs pour le soignant.
L’UNITE DE PARASITOLOGIE : UN RISQUE SOUS-ESTIME
Après le prélèvement, direction l’unité de parasitologie, où sont analysés de nombreux échantillons, notamment les selles.
Leur manipulation nécessite un système efficace d’évacuation des odeurs et des fumées. Ce dispositif, généralement sous forme de cheminée, existe dans certains hôpitaux comme l’Hôpital Général de Douala, mais demeure absent dans la majorité de nos structures sanitaires.
Ainsi, au lieu d’être évacuées, les odeurs sont inhalées toute la journée par le personnel, ce qui peut, à long terme, provoquer des troubles respiratoires.
Petite parenthèse humoristique : s’il vous plaît, lorsque l’on vous demande un échantillon de selles, inutile de remplir entièrement le petit flacon… aucun excrément ne sent la fleur.
LA MICROBIOLOGIE : LE COMBAT SILENCIEUX DES YEUX
En microbiologie, le personnel analyse les échantillons principalement au microscope. Ici, le principal défi est visuel. Dans les hôpitaux à forte fréquentation, un technicien peut examiner jusqu’à 50 lames par jour, avec une obligation de diagnostic précis, car de celui-ci dépend le traitement du patient.
Ayant moi-même une formation en laboratoire, je peux témoigner qu’un temps d’adaptation est nécessaire pour les yeux à chaque installation au microscope. À la longue, cette sollicitation constante entraîne des troubles visuels, obligeant de nombreux professionnels à porter des lunettes de façon permanente.
LA RADIOLOGIE : DES RAYONS A DOUBLE TRANCHANT
Autre service à risque : la radiologie ou imagerie médicale. Accidents, douleurs inexpliquées, suspicions de pathologies… les patients y affluent pour des examens basés sur l’utilisation des rayons X.
Si ces rayons sont indispensables au diagnostic, leur exposition prolongée représente un danger pour le personnel. À long terme, ils peuvent affecter la fertilité masculine et provoquer des affections cutanées. C’est d’ailleurs un service strictement déconseillé aux femmes enceintes, car les rayons X peuvent entraîner des malformations congénitales selon la durée d’exposition.
Ainsi, si vous connaissez quelqu’un qui travaille en radiologie et éprouve des difficultés à avoir des enfants, vous comprendrez mieux la probable origine de ce combat silencieux.
LA MATERNITE : ENTRE VIE ET RISQUES EXTRÊMES
Dernier arrêt de notre visite : la maternité. La salle d’accouchement est un lieu où le personnel soignant est en contact direct avec le sang et divers fluides biologiques, potentiellement porteurs de germes hautement contagieux.
Au moment de l’accouchement, il n’y a plus de distinction entre une femme séropositive et une autre en bonne santé : toutes doivent être prises en charge avec le même professionnalisme. Malheureusement, les équipements de protection individuelle ne sont pas toujours disponibles en quantité suffisante, obligeant parfois le personnel à « faire avec les moyens du bord ».
Permettez-moi de partager un témoignage personnel :
Lors de l’accouchement de ma première fille, j’ai présenté une complication post-partum immédiatement après la naissance. La situation dépassant les capacités du personnel présent, le gynécologue fut appelé en urgence. À son arrivée, un geste m’a profondément marquée.
La major de la maternité s’exclama :
« Cherchez rapidement des gants pour le docteur, ceux qui étaient ici sont finis ! »
Le gynécologue répondit sans hésiter :
« Laissez, il n’y a pas de temps à perdre. Donnez-moi le matériel… c’est quand même Marie. »
Certains diront qu’il a été imprudent, voire inconscient. D’autres estimeront qu’il n’aurait qu’à s’en prendre à lui-même en cas de contamination. Mais ce qu’il faut retenir, c’est l’essentiel : à cet instant précis, ce médecin n’avait qu’un seul objectif sauver une vie, quel qu’en soit le prix.
Oui, le docteur peut tomber malade ; parce qu’il travaille dans un environnement à haut risque, parce qu’il s’expose chaque jour à des pathologies graves, et parce qu’il accepte de prendre d’énormes risques pour sauver des vies.
Il convient toutefois de souligner l’existence de personnels souvent méconnus, œuvrant quotidiennement pour réduire ces risques au sein des hôpitaux. Discrets mais essentiels, ils jouent un rôle capital dans la protection des soignants et des patients.
MARIE CHRIS
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Ngoumé Georges
Article très intéressant, ces risques (exposition du personnel médical ds les centres de santé) sont méconnus de la population et méritent d'être soulignés
Chateaubriand2525
Vous avez raison.


2 comments